Éditorial

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Nos danses mutantes

Notre troisième édition Cinédanse Ottawa 2018, sera l’occasion de se questionner sur notre rapport à l’autre, au vivre ensemble, au vieillir ensemble, avec nos différences. En couple, en société, dans l’intimité de nos existences, à l’aube comme au crépuscule de nos vies.

À l’ère du numérique, des réseaux sociaux, de la pléthore d’images, de vidéos qui inondent nos vies au quotidien, le prochain festival nous permettra de nous arrêter pour mieux nous comprendre, et chercher à faire fondre les sentiments d’exclusion qui inondent notre société. La danse nous y aide.

Comment les artistes d’aujourd’hui, qui marient la danse, le cinéma et les nouvelles technologies se libèrent-ils de la parole, pour ressentir l’autre, pour vivre moins dans l’accumulation des connaissances, de l’intellect, mais d’avantage dans l’intelligence de nos sens?

Parce qu’il y a du sens, un sens au-delà des mots, des paroles, des connaissances…. Un geste, un toucher, une tension refoulée qui s’extériorise, l’ombre de soi-même, un mouvement vers l’autre, contre l’autre, un pas en avant pour retrouver sa route, une vrille à deux où l’on s’égare encore un peu, une foule qui s’agite – toutes ces danses symbolisent nos existences. Les profondeurs de nos gestes que l’on danse à l’écran, ou à travers les nouvelles technologies venues du cinéma, de notre ère numérique, donnent un sens, et sont des échos précieux qui expriment nos jours, nos nuits, nos rêves et nos envies. De plus en plus, nous devons les écouter…

Pourquoi danser?

Pourquoi danser quand il y a tant à faire? Pour se transformer, se réaliser, pour être des êtres plus épanouis, bienveillants, conscients de soi, des autres. Pour arriver à mieux donner un sens à nos vies.

Cette année, nos partenaires nous donnent l’opportunité de varier et de dynamiser notre programmation pour décupler l’expérience offerte au public, aux artistes et programmateurs qui nous visitront pendant notre festival 2018. Nous sortirons enfin d’une programmation faite presqu’uniquement de séances de projection dans une formule standard sur grand écran. Cette ambition, notre directeur la porte depuis le début de sa démarche en 2012. Le festival se réinvente, en présentant une programmation de danses mutantes où performances, œuvres issues des nouvelles pratiques (3D, tableaux interactifs, capture de mouvement), se joignent aux ateliers participatifs et classes de maitre, installations, exposition en galerie, écrans urbains, rencontres du public avec les artistes d’ici et de l’étranger, table ronde et déjeuners professionnels, lunch dansant… Y serez-vous?

Sylvain Bleau, directeur et fondateur de l’événement